"Nuna" de Mo Malo (Editions de La Martinière): la der des der, vraiment?
Polar bien davantage axé sur les enjeux géopolitiques d'une indépendance groenlandaise qu'une enquête de terrain mâtinée de culture comme dans les précédentes aventures de Qaanaaq, cette lecture fut d'abord laborieuse pour moi.
Heureusement, la toute fin du roman apporte son lot de réconfort… et d'espoir de revenir un jour au Groenland?
Pitch (4ème de couv):
""Des putains de cercueils flottants."
Voilà où sont séquestrés deux ministres groenlandais: promis à une mort lente, sur des plaques de banquise à la dérive. A quelques jours d'un référendum décisif sur l'indépendance, le Groenland voit s'affronter puissances étrangères et mouvements radicaux pour la défense du pays.
Qaanaaq Adriensen traque des ennemis invisible et chaque piste mène à une impasse - ou à une manipulation. Cette dernière enquête de Qaanaaq pourrait aussi être la plus périlleuse. Car c'est l'avenir de Nuna, la "terre natale" - mais aussi de sa propre famille - qui est en jeu."
L'indépendance du Groenland et toutes ses conséquences géopolitiques sont au cœur de ce Nuna. Car nombreux sont les états à convoiter ce territoire pour sa position géographique stratégique et ses ressources naturelles.
Alors quand ça commence à enlever des ministres à la pelle, Qaanaaq ne sait plus où donner de la tête concernant la nationalité des suspects: Américains, Chinois, Russes et même Danois, tous ont des intérêts à ce que soit le "oui" soit le "non" l'emporte, et donc tirer les ficelles de la révolution et du crime.
Autant dire que le récit se pare donc d'une multiplication de personnages, de culs-de-sac, de micmacs politiques, avant qu'on en arrive au vrai commanditaire de tout ce bazar. Et cela sur des centaines de pages devenues un poil trop lourdes, faisant perdre de vue la "magie" de cette série groenlandaise et le charisme de l'inspecteur le plus connu de ce pays.
Heureusement que la dernière partie du roman vient apporter un sursaut de ce que j'étais venue chercher: Qaanaaq, enfin là, présent, prêt à tout pour apaiser sa patrie de cœur et le sien propre, de cœur.
Annoncée par le bandeau du livre comme la dernière enquête du flic groenlandais, Nuna vient enfin lever les dernière zones d'ombre de l'histoire familiale de Qaanaaq qui planaient en filigrane tout au long des précédents romans. Mo Malo offrant à son personnage une "fin" sereine.
Euh, une fin, vraiment? J'ai un peu de mal à croire que Mo Malo laisse définitivement de côté les aventures policières au sein de ce territoire blanc qu'il chérit personnellement (s'octroyant d'ailleurs un petit clin d'œil dans les dernières pages).
Car la relève semblant assurée, il suffirait de peu pour que l'auteur nous propose un retour au Groenland avec la génération suivante. On prend les paris?
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