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13 janv. 2019

"Les Disparues de Shanghai" de Peter May (Editions Babel Noir): de plus en plus addict à la série chinoise

J'attendais avec impatience ce nouveau voyage en Chine aux côtés de Li et Margaret. Et cette attente fut complètement comblée par cette troisième enquête, ancrée cette fois dans la cosmopolite mais non moins dangereuse ville de Shanghai. 
欢迎 (vous chercherez sur Google! 😝)

Pitch (4ème de couv):
"Les corps mutilés et démembrés de dix-huit femmes sont découverts sur un chantier à Shanghai. Appelé spécialement de Pékin pour mener l'enquête, le commissaire Li Yan découvre l'un des plus terrifiants catalogues de tueries jamais mis au jour. Une fois encore, et malgré leur relation explosive, il fera appel au talent de la pathologiste américaine, Margaret Campbell, pour identifier les victimes. Rapidement, il s'aperçoivent que celles-ci ont probablement été découpées vivantes et qu'ils ont affaire à un monstre..."




Peter May ayant pour habitude d'instiller des connaissances historiques et culturelles dans chacun de ses romans, il ne déroge pas à la règle avec Les Disparues de Shanghai.  Dans ce polar, il pose les risques et dérives (et les chiffres ahurissants) de la politique de l'enfant unique, avec entre autre les avortements de masse. Où s'arrête la compassion? Où commence le business? Peter May en fait le terreau de son polar, imaginant le pire dans une enquête où Li et Margaret vont encore y laisser des plumes et où (à mon plus grand bonheur) il y a tout plein de cadavres et de sang! 

Toujours aussi efficace, mais avec ce petit plus d'une empathie pour les personnages qui ne fait que s'intensifier depuis la lecture du premier Meurtres à Pékin, Peter May tape dans le mille et nous offre un polar aussi dépaysant que divertissant.
Vivement la quatrième enquête! 心急 (vous chercherez encore! 😝)

10 janv. 2019

"Les impliqués" de Zygmunt Miloszewski (Editions Pocket): pas de "wahou" mais pas de "bouh" non plus!

J'avais été séduite par Inavouable, un roman d'aventure (à la Dan Brown, sans le côté péjoratif!) du même auteur découvert lors de ma participation au Grand Prix du Jury Elle 2018 (et il s'avère que j'ai découvert, après cette lecture que Les impliqués avait lui aussi été finaliste de ce prix, en 2017).
J'étais donc curieuse de découvrir un des polars de cet auteur puisqu'ils rencontrent, à priori, un certain succès en Europe.
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé... mais je suis loin d'être complètement emballée!

Pitch (4ème de couv):
"Varsovie, 2005. Sous la houlette du docteur Rudzki, quatre patients ont investi l'ancien monastère de la Vierge Marie De Czestochowa. Entre huis clos et jeux de rôles, cette nouvelle thérapie de groupe, dite "Constellation familiale", ne manque pas d'intensité. Au point qu'un matin, l'un d'entre eux est retrouvé mort au réfectoire, une broche à rôtir plantée dans l’œil...
Pour le procureur Teodore Szacki, l'expérience est allée trop loin. A moins qu'elle n'ai réveillé un passé enfoui, que la Pologne se tue à essayer d'étouffer..."




L'entrée en matière s'annonçait classique mais prometteuse. 
Un meurtre dans un cadre mystique perpétré au sein d'un groupe de patients expérimentant une nouvelle technique de prise en charge thérapeutique pour soigner l'âme, une broche à rôti plantée dans l’œil. J'adhère. (même si ça ne saigne pas!)
Plus atypique: le fait que l'enquêteur soit un procureur et non un flic. Un personnage blasé par sa vie, son métier, en pleine interrogations métaphysiques sur le sens de sa vie. J'adhère.

Mais le charme ou plutôt non-charme de la Pologne n'a pas opéré (car qu'est-ce que l'auteur fout dans la gueule de sa capitale!!!). On a l'impression d'une ville hybride entre vestiges du passé et modernité dans une espèce d'amalgame difforme et instable. Que ce soit au niveau architectural ou politique.
Impossible pour moi de trouver des repères spatiaux et historiques (car oui, je suis une quiche en histoire) sur lesquels m'ancrer pour assurer mon immersion dans le roman. Alors quand l'intrigue prend une orientation "services secrets" et liens avec la Grande Histoire sombre du pays, j'avoue, j'ai lâché du lest et de mon intérêt. 

Heureusement (et finalement de façon assez inespérée!) la résolution du meurtre s'avère finalement assez étonnante et m'a réconciliée avec ce polar. Mais les digressions ont pris trop de place, diluant l'enquête. J'aurais aimé une intrigue plus "resserrée".
On y était presque! 

Il est possible que je m'entête malgré tout à lire le second tome des enquêtes du procureur Teodore Szacki, ne serait-ce que parce que celui-ci, Un fond de vérité, a été adapté au cinéma. A voir, selon l'humeur et la taille de ma PAL ;)

5 janv. 2019

"Changer l'eau des fleurs" de Valérie Perrin (Editions Albin Michel): en plein dans le coeur

Première lecture de l'année et première Baignoire d'Or pour ce roman qui vient nous chatouiller les émotions comme jamais. Faisant côtoyer l'amour, la vie et la mort, Valérie Perrin et sa Violette nous arrache des sourires comme des larmes (pas de croco). C'est beau!

Pitch (4ème de couv):
"Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans la loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires se révèlent lumineuses."




Violette. Le personnage clé de ce roman. Le guide.
Nous apparaissant d'abord presque transparente à l'instar des vestes sobres dont elle se pare pour accueillir les peines des visiteurs de son cimetière. Une femme classique au premier abord, qui  autour de plats mijotées avec les fruits et légumes cultivés du potager,  aime se réunir avec ses amis et collègues fossoyeurs, curé et croque-mort pour parler surtout de ce/ceux qui restent. Ensemble, ils savent leur chance qu'être si proche de la mort les rend aussi plus vivants. 
Et Violette le sait encore plus que tous.

Car son costume gris de gardienne de cimetière ne sert qu'à cacher de belles robes de couleur. Symboles de résilience, d'une vie à mourir/ naître/ re-mourir et encore renaître. Sous cette apparente vie simple se cache une vie de drames. Mais aussi un tempérament et une force incroyable pour les surmonter, aidée par la sagesse de Sasha et l'amitié de Célia... entre autre. Il ne manque alors plus qu'un coup de pouce d'une défunte pour que Violette trouve le courage de se laisser complètement aller à la vie.

Alors merci Valérie Perrin. Merci pour cette grande belle histoire. Merci pour la pudeur et la douceur qui s'en dégage. Merci pour cette page 221 et le chapitre qui suis où je suis passée du sourire aux larmes. Pour ensuite sourire de nouveau. Et de nouveau être plaquée par l'émotion. Alternance de gris et de rose. D'orages et d'éclaircies. Ça fait du bien de se sentir vivante!

Et pour paraphraser une des épitaphes en tête de chapitre j'ajouterai qu'"on ne rencontre jamais un livre par hasard. Les livres sont destinés à traverser notre chemin pour une raison. "
Changer l'eau des fleurs ouvre l'année 2019 du blog de la plus belle façon que ce soit! J'y vois là un signe du destin ❤️❤️❤️


30 déc. 2018

"Robe de marié" de Pierre Lemaitre (Editions Livre de Poche): sans intérêt!

Vraisemblablement, pour une première découverte de Pierre Lemaitre, je n'ai pas dû tomber sur le meilleur roman. Un scénario déjà vu et revu, des ficelles énormes... un thriller aussi fade qu'un plat de spaghettis sans sauce bolognaise.

Pitch (4ème de couv):
"Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence: mille petits signes inquiétants s'accumulent, puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite: elle change de nom, de vie, se marie, mais son douloureux passé la rattrape."




Il est ajouté par l'éditeur à ce pitch "Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique". AHAHAHAHAAAAA!!!! (pardon pour ce rire cynique) 
Mais quelle blaaaaague cette comparaison! Parce que le suspense est proche de zéro tellement, dès les premières pages, le lecteur a compris la combine et attend juste que Sophie se réveille et la comprenne aussi.
J'ai juste envie de vous mettre en garde en disant de passer votre chemin (là encore... décidément! Les deux dernières lectures de 2018 auront été laborieuses...)

Par contre, j'avoue que son Au revoir là-haut, dont on a fait tellement d'éloges et une adaptation cinématographique depuis sa sortie, me tente beaucoup plus. Peut-être le croiserais-je dans ma PAL en 2019?!

Sur ce, finissez-bien l'année mes petits poissons! Et à l'année prochaine! (= phrase de beauf typique que vous allez entendre toute la journée demain!)

PS: p't'être que l'année prochaine je serais plus gentille dans mes chroniques... qui sait! 😁 Ah non, j'oubliais: je ne prends jamais de bonnes résolutions!

28 déc. 2018

"L'Unité Alphabet" de Jussi Adler-Olsen (Editions Albin Michel): non mais sinon c'est quand que revient le Département V?

Jussi, Jussi, Jussi... Mais trop non quoi! A l'instar d'Arnaldur Indridasson, tu as voulu te lancer toi aussi dans la fiction historique deuxièmeguerremondialesque (ça vaut vachement de points au scrabble!). Et comme Arnaldur, c'est tellement  loin de tout ce qui m'a fait aimer tes bouquins que j'en suis déçue. Vraiment très très (très!) déçue! 


Pitch (4ème de couv):
"L'Unité Alphabet est le service psychiatrique d'un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d'horribles traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l'Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu'il a abandonné à l'Unité Alphabet et qu'il n'a jamais retrouvé.
En 1972, à l'occasion des Jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d'un passé plus présent que jamais."




Je n'ai pas envie d'écrire une chronique assassine sur ce livre. Car je sais que Jussi Adler-Olsen sait faire mille fois mieux comme roman et qu'un coup de mou c'est possible et pardonnable.
L'Unité Alphabet est un roman où l'auteur s'est fait plaisir (et c'est ce qu'il raconte en note à la fin) car il voulait allier deux centres d'intérêt: la psychiatrie (son père est psychiatre) et la Seconde Guerre mondiale, en mêlant fiction et réalité. Le genre de fiction qui semble à la mode en ce moment du côté des auteurs mais pour laquelle, personnellement, je n'ai pas beaucoup d'attrait. Alors quand en plus l'histoire est faite d'un peu trop de hasards qui tombent bien... l'ennui n'est pas loin, et l'envie de vite finir ce livre pour pouvoir passer à autre chose non plus!

Le problème, c'est qu'à se faire plaisir, l'auteur n'a pas forcément fait plaisir à ses lecteurs, qui, attachés à l'intrépidité et au grain de folie des personnages et giclures de sang des enquêtes du Département V, n'attendent que le retour de Morck, Assad et Rose. Retrouver un peu d'énergie quoi!
Allez Monsieur Adler-Olsen, s'il vous plait, revenez à l'essentiel. Faites-le pour nous! (merci.)

25 déc. 2018

"Macbeth" de Jo Nesbo (Editions Gallimard): être ou ne pas être accro à Jo Nesbo, that is the question

(... oui, je sais que c'est une réplique d'Hamlet hein, et non de Macbeth! Mais me fallait un titre accrocheur, et vu qu'à part cette fameuse réplique je ne connais rien de Môsieur Shakespeare...)

Revisite de l'oeuvre monumentale de Shakespeare par le plus monumental des écrivains norvégiens, autant dire que l'on atteint là un sacré niveau de littérature pour ce Macbeth contemporain! 
N'ayant pas lu l'oeuvre initiale, cette chronique accordera donc tout le crédit de cet incroyable roman noir à Jo!  Désolé William.. sans rancune?

Pitch (4ème de couv):
"Dans une ville industrielle ravagée par la pauvreté et le crime, le nouveau préfet de police Duncan incarne l'espoir du changement. Aidé de Macbeth, le commandant de la garde, l'unité d'intervention d'élite, il compte débarrasser la ville de ses fléaux, au premier rang desquels figure Hécate, baron de la drogue. Mais c'est ne faire aucun cas des vieilles rancœurs ou des jalousies personnelles, et des ambitions individuelles... qu'attise Lady, patronne du casino Inverness et ambitieuse maîtresse de Macbeth. Pourquoi ce dernier se contenterait-il de miettes quand il pourrait prendre la place de Duncan? Elle invite alors le préfet et d'éminents politiques à une soirée organisée dans son casino. Une soirée où il faudra tout miser sur le rouge ou le noir. La loyauté ou le pouvoir. La nuit ou le sang."




Mais quel roman, bon Dieu! Quel roman!
Lu entre les guirlandes clignotantes,  le champagne et la bûche et en opposition aux lumières de Noël, cette plongée dans le noir enveloppant, épais et violent était d'un contraste froid et saisissant (par contre l'ambiance y est aussi lourde que mon estomac sur-rempli!)
Dans une ville entre Gotham  et Sin City, peinte en nuances de gris, sous une pluie continue, la couleur n'est donnée que par le rouge du sang ou de la robe de Lady, seule adversaire vraiment à la hauteur de Hécate. Les personnages, à l'instar de ce décor glauque, sont guidés par la corruption, la vengeance, la cupidité, l'ambition, la dépendance. Le mal, rien que le mal. Partout. Qui domine et soumet les pauvres hères qui se défoncent dans les bas-fond de la ville.
L’atmosphère est plantée. Ne reste plus donc qu'à accompagner cette fuite en avant de Macbeth, pantin ballotté entre la reine rouge et le parrain blanc. Un homme qui se voit roi à la place du roi. Une mégalomanie folle qui va le faire sombrer, inexorablement.

Alors je sais bien hein, que cette grande tragédie c'est pas sortie de l'imagination de l'auteur norvégien. Néanmoins, ce qu'il propose là comme transposition contemporaine suffit à combler l'amatrice de romans noirs que je suis.
Peut-être d’ailleurs que l’atmosphère était d'autant plus immersive que, n'ayant pas lu Shakespeare, je n'en connaissais pas l'histoire. J'ai donc vécu (subi?), en même temps que les personnages, cette escalade de la violence. 
Un roman écrit presque comme un film, où l'on imagine que l'auteur a pu parfois penser l'esthétique d'un plan avant de l'écrire (Macbeth sous la pluie, sur le toit de l'Inverness qui contemple la ville... mais trop Batman, quoi!)

J'ai vraiment beaucoup aimé. Beaucoup beaucoup 🖤🖤🖤 
Et ça vaut donc une fameuse Baignoire d'Or!!! (non, ne me remerciez pas Mr Nesbo, elle est en plastoc de toute façon...)
De quoi renforcer ma Nesbomania... et d'attendre avec impatience le retour de Harry Hole! 



22 déc. 2018

"Il est grand temps de rallumer les étoiles" de Virginie Grimaldi (Editions Fayard): louer un camping-car et se barrer en Scandinavie

Merci Virginie! Non mais merci! Comment je vais faire maintenant pour m'enlever ça de la tête, hein? Les aurores boréales, les baleines, les soleils de minuit... Comment faire pour négocier ce rêve avec mon banquier??? 
Quoique, p't'être qu'en lui offrant votre bouquin...

Pitch (4ème de couv): 
"Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l'observe depuis la bulle dans laquelle elle s'est enfermée. 
A 17 ans, Chloé a renoncé à ses rêves pour aider sa mère. Elle cherche de l'affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l'amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n'aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu'il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle: elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin."




La quête de sens. Voilà ce qui anime ce road-trip mère/filles. Retrouver leur chemin et leurs aspirations individuelles. Affronter leurs peurs. S'appuyer sur le lien indéfectible qui les unit pour mutuellement redresser le cap. Le retisser parfois, et le renforcer pour le rendre encore plus solide. Pour enfin décider de s'écouter soi, d'écouter les autres et  faire émerger des envies pour lesquelles les montagnes sont enfin possibles à déplacer.
Une plongée en soi  rendue possible par ce voyage dans un lieu si dépaysant qu'il faut s'appuyer sur les repères solides de la famille. Des paysages si majestueux et imposants qu'ils font relativiser les difficultés. Des rencontres imprévues (ou pas! ;-) ) qui vont bousculer les préjugés et forcer à voir au-delà. Une bulle espace-temps coupée de l'agitation quotidienne qui permet de se retrouver, enfin. Le rêve de tout un chacun. 

Un feel-good-book comme seule sait si bien les écrire Virginie Grimaldi. Un roman chocolat-plaid qui vaut qu'on se love dans un cocon et qu'on oublie un temps le monde qui nous entoure pour se laisser emporter dans le monde que l'auteure nous propose. Une proposition à rallumer nos étoiles intérieures. 
Merci.