"Les Saules" de Mathilde Beaussault (Editions Points): coup de cœur!

Pas de suspense cette fois, le titre de la chronique annonce d'emblée la couleur: c'est un grand, énooooooorme ouiiiiiii! 💕

Pitch (4ème de couv):
"La mort brutale de Marie, dix-sept ans, découverte au bord de la rivière, ébranle toute une communauté, et surtout Marguerite.
Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier près du cours d'eau, sous les saules. Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider, mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Elle observe l'agitation des gendarmes et des habitants. Comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date?"


Pour un premier roman, qui plus est dans l'univers du polar/roman noir trusté par les z'hommes, Mathilde Beaussault impose son style. Elle fait du meurtre un révélateur du (dys)fonctionnement d'un microcosme rural où chacun rumine ses colères et ses blessures. Pourtant, les habitants le savent, pour vivre en paix dans un petit village, il faut parfois faire preuve de concession et de solidarité. Quitte à ce qu'elle débouche sur une vengeance...

L'histoire de Marguerite, gamine inoubliable, est le fil rouge de ce roman. Elle grandit dans une famille besogneuse, entre des parents qui ne mettent pas de mots sur ce qu'ils ressentent, qui ne savent pas s'y prendre avec la tendresse. Aussi, Marguerite s'est mise à leur diapason: elle ne parle pas ou si peu, s'échappe dès qu'elle le peut de sa maison et de l'école pour se réfugier dans la nature, seul lieu où elle se sent en sécurité. Au milieu de son histoire viennent s'incruster des instantanés d'interrogatoires des habitants du patelin où chacun vient balancer un peu de sa vie et de ses soupçons. La patate chaude passe de possible coupable en possible coupable jusqu'à ce que… (je ne spoilerai pas, il faut le lire!)

Porté par une plume toute en justesse et sensibilité, Mathilde Beaussault signe là un roman noir aussi puissant que sa voix est douce (si vous en avez l'occasion, allez l'écouter et/ou la rencontrer en dédicace). J'ai retrouvé dans son écriture certaines similitudes avec mon autrice chouchou, Sandrine Collette, notamment dans sa façon de faire la part belle à l'enfance cabossée mais résiliente. Autant vous dire que je ne vais pas lâcher cette autrice de sitôt!
Conquise!

PS: c'est évidemment une Baignoire d'Or!

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