"Le courant d'air" de Catherine Ryan Howard (Editions Pocket): un parti pris audacieux!

Qu'est-ce qu'on aime lorsqu'on lit un polar? Traquer les indices laissés par l'auteur tout au long de l'intrigue pour essayer de deviner qui est le meurtrier… et se faire berner avec des rebondissements! 
Que nenni avec ce Courant d'air: le coupable vous l'avez dès le départ! Est-ce que cela enlève un brin de fun à la lecture? Pour ma part, certainement…

Pitch (4ème de couv):
"Au dos du best-seller que tout le monde s'arrache, le résumé que voici:
Il s'est introduit chez elle en pleine nuit. Lorsqu'il est reparti, elle seule était encore en vie… Unique survivante de l'ultime et terrifiante attaque du Courant d'air, Eve Black se plonge dans l'histoire du monstre qui a terrorisé la ville de Cork, à la recherche de réponses. A la recherche du coupable…
Cette quatrième de couverture, vous n'êtes pas le seul à le lire. Jim Doyle, gardien de supermarché, vient lui aussi de la découvrir.
Entre Eve, l'autrice rescapée du Courant d'air, et lui, le serial killer jamais identifié, le duel peut recommencer. Et cette fois… un seul des deux s'en sortira."


Catherine Ryan Howard a fait le choix narratif d'une intrigue à la Columbo: on connaît les victimes et le coupable dès le départ. Un sacré culot!
Car tout le sel du polar étant déjà évaporé dès les premiers chapitres, l'autrice doit donc faire en sorte que le reste de son histoire soit suffisamment solide pour tenir en haleine le lecteur.
Et, une fois n'est pas coutume, mon avis ne va pas être en accord avec la bookosphère qui classe ce polar parmi les incontournables à avoir lu une fois dans sa vie (déso pas déso).  

Même s'il n'est pas sans intérêt, ne serait-ce justement pour ce parti pris de l'autrice, ce bouquin est loin d'être le plus palpitant! Un manque d'intensité certain, des longueurs (voire des chapitres entiers) qui plombent un rythme déjà pas foufou. Et même sur l'ultime dénouement du roman, aucun Wahou à s'en décrocher la mâchoire.

L'idée était fichtrement osée Madame Ryan Howard mais sa concrétisation nettement moins convaincante! Originalité ne rime pas toujours avec efficacité. En même temps peut-on faire un polar extraordinaire en confisquant d'emblée la possibilité au lecteur (amoureux du genre en plus) de se mettre dans la peau d'un enquêteur? Vous avez deux heures de lecture devant vous pour y répondre!

PS: ma réponse est non! 😆

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