"Le fils du père" de Victor Del Arbol (Editions Actes Sud): de génération en génération
Roman offert avec l'adhésion aux Quais du Polar 2026 (ça se rapproche… ouiiiiiii), c'est avec plaisir que je renoue avec l'univers de Victor Del Arbol, auteur de grands drames où la famille est rarement un cocon de tendresse et de sécurité.
Amateurs de feelgood, passez votre chemin! Ici, c'est du noir, que du noir…
Pitch (4ème de couv):
"Diego enseigne à l'université, il est heureux en ménage et vit dans une belle villa face à la mer.
En amont de la lignée, pourtant, un père a quitté son village d'Estrémadure dans les années 1950 pour la périphérie de Barcelone et ses tripots clandestins, toujours un poing américain dans la poche, jusqu'à la rixe fatale qui le mène à la Légion étrangère du Sahara occidental. Et un grand-père a dû payer pour les exactions d'un parent anarchiste qui, aux premières heures de la guerre civile, s'en est pris aux caciques du petit village qui les a vus naître. S'en est suivie une rivalité ancestrale, scellée par un châtiment cruel: le front russe dans la division Azul de Franco.
Reclus dans une unité de soins, Diego raconte la malédiction qui poursuit sa famille. Car à l'instar de ses aïeux, et contre toute attente, il est devenu, lui aussi, un assassin. Comme si les racines du mal, plantées dans cette bourgade arriérée, continuaient d'étendre leurs ramifications par-delà le temps et l'espace, vouant aux gémonies les hommes du même sang, "et leurs enfants après eux"."
Avec Le fils du père la tragédie grecque n'est pas loin. La lignée des hommes de la famille de Diego semblant écrasés par un destin plus fort qu'eux. Pourtant, au milieu de la guerre, de la pauvreté, des espoirs brisés il y existe des espaces où le changement est possible. Encore aurait-il fallu qu'ils parlent autrement que par les poings, qu'ils se tendent la main au lieu de se la foutre sur la gueule.
La malédiction a bon dos… Elle permet d'ôter toute responsabilité à leur violence.
Du grand-père Simon au petit-fils Diego, trois générations d'hommes, qui, fautent de se parler, se font du mal et en font à leurs familles. Des générations de traumatismes non-dits, et d'interprétations hasardeuses qui causent un enchaînement de catastrophes.
Au milieu de tout ça, les femmes ne sont que des figurantes observatrices de l'inéluctable, incapables de bouger à l'instar du personnage de Liria, attendant presque de se prendre une balle perdue pour que le calvaire prenne enfin fin.
Ne cherchez pas d'espoir, il n'y en a pas… à moins que dans les dernières pages une étincelle ne finissent par s'allumer, même fragile?
Si vous n'avez pas peur de vous faire entrainer dans une grande spirale de noir, foncez! C'est du très bon Victor Del Arbol!
PS: RDV en avril à Lyon Monsieur Del Arbol :)



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