"Une employée modèle" de Jean-Christophe Tixier (Editions Albin Michel): trop formaté

Je me faisais une joie de découvrir le nouveau roman de Jean-Christophe Tixier. Parce que j'avais adoré les trois précédents. 
Mais cette lecture fut une grande déception. Une de celles à laquelle que je ne m'attendais pas, mais alors pas du tout! Et qui fait tellement de mal à mon p'tit cœur de lectrice…

Pitch (4ème de couv):
"Sylvie est une femme sans histoire. Employée de mairie efficace, investie dans une association paroissiale, discrète jusqu'à l'effacement. Quand son frère, un joueur surendetté, lui avoue être menacé de mort; elle prend la vie de ce dernier en main. Faux papiers, plan de fuite, nouvelle identité: grâce à elle, Antoine disparaît.
Mais ce qu'elle voyait comme une entorse exceptionnelle aux règles devient peu à peu un engrenage: grisée par sa propre audace, Sylvie se pique au jeu.
Et si cette pongée dans l'illégalité était le seul moyen d'exister enfin?"


Jean-Christophe Tixier était reconnaissable jusque-là dans sa façon d'installer une ambiance mystérieuse, en hui clos, à l'échelle d'une famille ou d'un village. Un conteur d'histoire où le noir est magnétique. Une façon singulière de raconter, qui le différenciait immédiatement d'autres auteurs.

Malheureusement Une Employée Modèle gomme toute cette singularité. L'intrigue est aseptisée. Il suffit de lire le pitch plus haut et vous saurez tout de l'histoire. 
Les rebondissements n'en sont pas vraiment. Je n'ai jamais tremblé pour Sylvie. Une femme ordinaire et effacée, qui passe du côté fonctionnaire au côté hors-la-loi un peu trop aisément à mon avis, ce qui met en doute la crédibilité de l'histoire. La question de la disparition, élément pourtant fondateur du roman, ne se décline qu'au travers de quelques portraits bien peu consistants. Et la toute fin du roman ressemble à une mauvaise blague, tellement elle est édulcorée.

Une Employée Modèle vient de gagner le Prix Chabrol 2026 qui récompense les romans adaptables au cinéma. Effectivement, ce roman est adaptable en l'état, sans nœuds au cerveau pour la réalisation ou le casting puisque le déroulé de l'histoire est linéaire et limpide, les personnages passe-partout. Mais peut-être justement que cela laissera la latitude à un réalisateur d'en faire quelque chose de plus punchy et haletant?

Vraiment, j'aurais préféré écrire une chronique dithyrambique. Parce que c'est ce que j'avais fait pour les 3 précédents romans de l'auteur. Mais impossible pour moi de faire semblant… Désolée!
Je croise maintenant les doigts pour que ce roman ne devienne pas la norme de l'écriture de Jean-Christophe Tixier. Et qu'il ne renonce pas à la qualité de sa plume pour aller uniquement vers des romans mainstream sans plus aucun relief.

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