"Personne sur cette terre" de Victor Del Arbol (Editions Babel Noir): le très noir c'est très beau!

Victor Del Arbol fait parti des auteurs de polars qui excellent dans l'écriture de grands drames, en plusieurs nuances de noir, sans beaucoup d'espoir.
Ce Personne sur cette terre, conseillé par l'auteur lui-même rencontré aux Quais du Polar (on a la classe ou on ne l'a pas!) ne fait pas exception à l'univers de l'auteur: terrible mais sublime!

Pitch (4ème de couv):
"Galice, 1975, un gamin assiste à l'incendie criminel de sa maison et au meurtre de son père.
Barcelone 2005, l'homme qu'il est devenu semble avoir enfreint toutes les règles éthiques et morales qui avaient présidé à son entrée dans la police. Mis sur la touche après avoir plongé un homme d'affaires dans le coma, obstinément muet sur les raisons de son acte et atteint d'une maladie incurable, il revient sur les terres qui l'ont vu naître. Présent et passé s'emmêlent alors.
Trente années de secrets gardés, de serments d'amitié brisés au nom du clan, de corruption, et de trafic au cours desquelles des hommes puissants, cachés derrière des masques de loup, abusent d'enfant rêveurs. Trente années, c'est plus de temps qu'il n'en faut pour fabriquer des monstres…"


C'est l'histoire d'un flic qui se met à fracasser un notable de Barcelone. Mais c'est bien plus que ça: c'est l'histoire de tout ce qui a amené Julian à ce geste et de ceux qui ont joué un rôle là-dedans, quitte à remonter jusqu'à son enfance et faire ressurgir des souvenirs enfouis. 
Un roman chorale aux multiples acteurs et lieux où les pièces du puzzle viennent petit à petit s'imbriquer pour former un seul tableau en rouge et noir où la violence, la corruption, la transgression sont les personnages principaux.
Le lecteur est entraîné avec Julian dans un enchainement sans fin de crimes et de douleurs version rouleau-compresseur-du-destin, un brin taquin lorsqu'il s'agit de mettre sur sa route des protagonistes qui semble animés par Dieu… ou plutôt le Diable? 

Malgré la densité de l'intrigue (car, autre particularité de l'auteur: il écrit de "gros" romans), je n'ai pas vu le temps de la lecture passer, complètement happée par les enjeux et retenue captive par ce même sentiment d'urgence que le personnage principal, à vouloir savoir comment tout cela allait bien pouvoir finir… 

La fin du roman se suffit à elle-même… et pourtant une suite est déjà publiée, Le temps des bêtes féroces, qui rejoindra sans aucun doute ma Pile A Lire. Le seul suspense étant de savoir si j'arriverais à attendre les prochains Quais du Polar pour en faire l'acquisition…

Commentaires