"Les Invisibles" de R.J. Ellory (Editions Sonatines): Ô Frustration!

[ATTENTION CETTE CHRONIQUE CONTIENT DES SPOILS]
Dernier roman paru de R.J. Ellory, Les Invisibles nous propose de partir sur les traces de ce qui se fait de pire parmi les criminels, mais de plus frissonnant pour les lecteurs de polar: le tueur en série. L'occasion pour une flic pugnace d'aller confronter sa ténacité avec l'incompréhensible fonctionnement d'un psychopathe.
Une réussite? Presque…

Pitch (4ème de couv):
"1975, Syracuse. Etat de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime: une institutrice vient d'être assassinée. A côté du corps, un étrange message tiré de La Divine Comédie de Dante. Peu après, une deuxième victime est découverte. C'est le début d'une série d'homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l'affaire semble close, une nouvelle vague d'assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s'apprête à rejoindre le FBI, ignore encore qu'il lui faudra plus d'une décennie, avec nombre d'autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l'obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie."


Les Invisibles est un roman en quatre actes qui suivent celles de La Divine Comédie. Et qui nous entrainent donc de la Mort au Paradis en passant par l'Enfer et le Purgatoire. Tout un programme pour un cinglé de sérial killer qui s'imagine en bras droit de Dieu… enfin plutôt du Diable!
Un chemin semé de macchabés que traverse aussi Rachel Hoffman, que l'on voit évoluer dans sa carrière, d'abord simple policière pour finir au FBI. Et que l'on voit également évoluer dans sa psychologie, de flic zélée à flic obsédée par la traque… au point de franchir les limites de la légalité et de la folie? L'isolement la guette si ce n'est la loyauté de quelques flics et d'un journaliste pour l'accompagner jusqu'au bout de cette enquête, quoiqu'il leur en coûte.

Ellory nous scotche dès le premier chapitre aux pages de son livre. Enquête haletante, flic charismatique, crimes dantesques (c'est le cas de le dire…), il y a de quoi satisfaire tout le lectorat du genre… Avec certains aspects du roman qui ne sont pas sans rappeler le film Seven!

Une grande réussite donc? Ca aurait été le cas, si ce n'était la toute dernière partie du roman, le Paradis donc, qui apporte son lot de déception quant à la résolution: alors qu'on s'attendait à une révélation de dingue, c'est finalement un homme sorti du chapeau à l'origine de tout ce cauchemar. Pas de retournement de situation avec un personnage que la flic aurait déjà côtoyé, même seulement deux minutes au cours de ses années d'investigations! 
Tout ça pour ça? Quelle frustration! 

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