"Pour ne rien regretter" d'Henri Loevenbruck (Editions Pocket): Véra, digne successeuse de Bohem?

Tout le monde attendait la suite de Nous rêvions juste de liberté, roman pour lequel tout lecteur sensé est tombé en amour. Sauf que Pour ne rien regretter n'est pas tant une suite qu'une autre façon de rêver la liberté, à travers la nièce spirituelle de Bohem, Vera, dans une nouvelle ère.
Impossible de ne pas être tentée de comparer les deux romans… et donc difficile de ne pas être déçue par celui-ci! 

Pitch (4ème de couv):
"Providence, ville autrefois paisible, étouffe désormais sous une chape de plomb. Goliath, la multinationale tentaculaire, y a promis l'emploi, la croissance, le progrès. Elle n'a semé que grisaille, peur et misère.
Soudain, au lieu du silence, une voix se lève. La voix de Véra. Avec ses mots à elle, la jeune femme rêve encore de liberté. Elle parle, elle marche, elle résiste. Pour défendre la Maison Commune, désobéir et raviver les braises de l'espérance."


Véra a un petit truc en plus. Une façon d'exprimer ce qu'elle voit et ce qu'elle ressent avec des mots qui se bousculent, des expressions qui se mélangent les pinceaux et des émotions en introversion, comme elle le dit elle-même. 
Et c'est peut-être le ton de cette narration, à travers la voix de Véra, qui a créé de la distance avec ce que j'ai ressenti en tant que lectrice: un décalage entre les petits et grands drames de sa vie et sa manière de les décrire, qui donne toujours un léger sourire. L'émotion a à peine le temps d'affleurer qu'elle retombe sous couvert d'une sorte d'humour, certes tendre, mais qui fait barrage.  
J'ai aussi été gênée par la façon qu'à Henri Loevenbruck d'amener le propos écolo-libertaire aussi subtilement qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Parfois à la limite de l'infantilisation et c'est bien dommage car le message agace dans sa forme alors qu'il a tout intérêt dans le fond. 
Il m'aura fallu attendre le dernier tiers du roman pour qu'enfin mon petit cœur de pierre finisse par se laisser emporter par l'issue du combat de Véra.  

Je crois que Pour ne rien regretter souffre malheureusement de la comparaison d'avec le succès de Nous rêvions juste de libertéPeut-être aurait-il fallu carrément déconnecter l'histoire de Véra de celle de Bohem. D'en faire une fable écologique à part entière (sans les gros sabots) en évitant de surfer sur la nostalgie des Spitfires. 
Bohem 1 Véra 0

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