"La femme coupée en deux" de Julie Fuster (Editions Le Quartanier): désolée...
Lecture chaudement recommandée par le frère de l'autrice, j'ai plongé dans ce roman avec l'appréhension de ne pas l'aimer… et risquer d'être bannie du Club de lecture du taf!
Je vais donc devoir prendre des précautions avec cette chronique…
Meuh, non, c'était une blague! Je vais continuer à dire ce que je pense. Oups!
Pitch (4ème de couv):
"Diplômée de l'Ecole du Louvre, Louise est revenue s'installer à Lyon. Elle a décroché un contrat dans une fondation d'art. Son chignon lissé, son chemisier toujours impeccable la feraient passer pour snob, mais le pire serait qu'elle ressemble à sa mère, Nadia, dramaturge fantasque et imprévisible ayant quitté mari et fille pour mener en Angleterre la brillante carrière qu'elle n'avait pas en France. Quand Nadia meurt dans un accident de voiture, Louise doit décider si elle accepte que soit montée à nouveau la pièce qui a brisé leur lien. La voilà précipité à Bristol. A l'hôtel, la plomberie fait des siennes et une jeune réceptionniste lui offre son amitié. Peu à peu, alors que les négociations mettent au jour un conflit de loyauté toujours plus dissonant et qu'une rencontre inattendue réveille en elle des hontes passées, Louise voit s'effriter ses souvenirs, ses convictions et, bientôt, son identité."
Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Il faut faire comme avec un sparadrap, l'arracher d'un coup pour que ça fasse moins mal: je n'ai pas été emballée par cette lecture (sorry Julie, sorry Thibaut).
Parce qu'il m'a manqué tellement de reliefs dans les émotions traversées par Louise. J'attendais davantage de colère, de rébellion, de mordant. Mais finalement ce personnage de Louise sort peu de son personnage, justement: un brin lisse et autocentrée, au point d'en devenir agaçante.
Pourtant, il y avait de quoi la secouer davantage: elle vient de perdre sa mère d'avec laquelle une distance froide et des rancœurs s'étaient installées depuis des années. Mais elle exprime finalement peu de regrets, peu de tristesse, peu de colère. Son parcours dans ce roman l'amenant "juste" (ok, c'est déjà pas mal…) à faire la paix avec elle-même.
Je reste sur ma faim également sur des éléments de sa vie qui sont morcelés dans ce roman et pour lesquels on ne va jamais jusqu'au bout (l'histoire des Casadei, le vol à la Fondation…). Un parti-pris peut-être de l'autrice pour laisser la place au lecteur d'imaginer, de projeter sa version des faits? Personnellement, je ne suis pas très friande de cela…
Après, même si l'histoire ne m'a pas prise au cœur, l'écriture de Julie Fuster a des atouts qui m'ont permis d'aller malgré jusqu'au bout de l'histoire. Elle arrive à recréer des ambiances dans lesquelles on ressort aussi éprouvées (poisseuses!) que Louise. Notamment lors de son périple à Bristol, où l'on arrive à ressentir son désarroi, un brin perdue dans les codes de cette ville qu'elle a détesté et fantasmé, puisque c'était le refuge de sa mère après l'abandon de sa famille. La plume de l'autrice est également fluide (je ne sais pas comment le dire autrement) avec la sensation de glisser d'un mot à l'autre sans heurts, du coup assez à l'image du caractère de Louise.
En conclusion: je suis désolée de ne pouvoir faire une chronique dithyrambique sur ce roman.
… Et j'espère ne pas être exclue du Club de lecture pour cela! 😅



Commentaires
Enregistrer un commentaire