"Les Morsures du Silence" de Johana Gustawsson (Editions Le Livre de Poche): un polar à message

Johana Gustawsson est devenue une valeur sûre du polar français. Elle a trouvé la recette qui plaît à tous les amateurs du genre et Les Morsures du Silence ne fait pas exception: des meurtres comme des rituels, un duo de flic cabossés, des révélations et rebondissements à gogo, un ancrage sociétal… Que demander de plus?

Pitch (4ème de couv):
"Sur l'île de Lidingö, en face de Stockholm, un adolescent, vêtu d'une aube blanche et coiffé de bougies, est retrouvé le crâne fracassé.
Vingt-quatre ans plus tôt, une jeune fille a été découverte assassinée au même endroit, elle aussi en costume traditionnel de la fête de la Sainte-Lucie. Son petit ami a été condamné pour ce meurtre, qu'il a toujours nié. Etait-il innocent? Le véritable coupable aurait-il frappé à nouveau? Mais pourquoi maintenant?
Avec l'aide inattendue de la police française Maïa Rehn récemment installée en Suède, le commissaire Aleksander Storm va obstinément tenter de démêler les fils de cette énigme et de percer un secret enfoui depuis si longtemps qu'il a fait bien des ravages…"


Déjà, Johana Gustawsson commence par nous scotcher avec une scène d'ouverture choquante! Six pages qui suffisent à ferrer le poisson-lecteur jusqu'à la fin.
Et même si le développement de la narration s'avère ensuite plus classique, il n'empêche que le style est efficace et que l'avancée de l'enquête jusqu'à la résolution va tenir le lecteur en haleine de bout en bout. Le duo d'enquêteur n'y est pas pour rien non plus dans l'attrait de ce roman: Maïa et Aleksander, en plus de mener leurs investigations de façon plus ou moins officielle, doivent faire face à des bouleversements dans leurs vies.
Ce roman est aussi l'occasion pour l'autrice de nous faire toucher du bout des doigts la culture suédoise à travers son expérience personnelle, puisqu'à l'instar du personnage de Maïa, elle aussi a épousé un suédois et son pays.

Ce polar s'entend également comme une tribune pour la défense de la cause des violences faites aux femmes. Et des lacunes toujours existantes dans l'éducation, la police, la justice pour y faire face. Avec comme une envie de se faire justice soi-même…

Si vous ne connaissez pas encore la plume acérée de Johana Gustawsson, n'attendez plus!
Et PS: pour ne rien gâcher, c'est en plus une humaine extrêmement sympathique lors des rencontres en dédicaces ;)

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