"Avant que tombe la nuit" d'Eva Björk Aegisdottir (Editions de la Martinière): rafraichissant en temps de canicule
J'avais quelques réticences à attaquer ce nouveau polar d'Eva Björk Aegisdottir, ma précédente lecture de son Elma m'ayant laissé totalement de glace… Un comble pour un roman islandais!
Alors, même s'il est loin d'être inoubliable, cet Avant que tombe la nuit aura eu le mérite de me réconcilier avec l'autrice et de me donner la sensation de perdre quelques degrés, le temps de sa lecture.
Pitch (4ème de couv):
"1977, au cœur des quatre saisons de l'Islande volcanique. La jeune Marsi est hantée par la disparition de sa sœur, dix ans plus tôt. Marsi se sent terriblement coupable. Alors âgée de quatorze ans, elle entretenait une correspondance secrète avec un garçon, empruntant le prénom et la personnalité de sa sœur. Le soir où ils devaient se rencontrer, Marsi a renoncé au dernier moment. L'anorak de sa sœur a été retrouvé tâché de sang sur le lieu du rendez-vous… Dix ans ont passé et Marsi reçoit une lettre, dont elle reconnaît immédiatement l'écriture…"
Ce qui fonctionne avec ce polar, c'est que l'autrice arrive à mettre le lecteur dans le doute tout au long du roman, à l'instar de son personnage Marsi, qui décide de se replonger dans les circonstances de la disparition de sa sœur, dix ans après.
La multiplication de pistes, de suspects, de mobiles nous balade d'un bout à l'autre. L'état psychologique de Marsi également: elle ne semble plus toujours certaine de ce qu'elle a vu et entendu et commence à s'interroger sur la nature de ses cauchemars…
Après, qu'on se le dise: la surenchère de possibilités de résolution du mystère est un poil exagérée alors que l'autrice aurait pu se contenter de nous trimballer dans 2-3 impasses maximum.
Il ne faut pas non plus être un lecteur trop rigoureux au vu de certaines incohérences dans le déroulé de la disparition de Stina (ou n'aurais-je pas tout compris?) ni sur la crédibilité des émotions de Marsi (difficile de croire qu'elle continue sa vie comme si de rien n'était après la révélation qu'elle se prend dans la tronche juste avant la partie II du roman. J'aimerais bien avoir l'avis de ceux qui l'ont lu…).
Mais il n'empêche que malgré ces "imperfections", ce roman apporte son lot de divertissement via un style fluide et facile, sans prise de tête et parce que l'on s'attache suffisamment au personnage principal pour vouloir savoir jusqu'où va mener son enquête officieuse.
En résumé: c'est pas le polar du siècle, mais ça fonctionne!



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