"Celles qui ne dorment pas" de Dolores Redondo (Editions Gallimard): retour gagant parmi les ombres du Baztan

Nouvelle héroïne mais lieu familier pour ce dernier roman de Dolores Redondo, l'autrice espagnole de polar certainement la plus connue aujourd'hui, avec son compatriote Victor del Arbol, d'ailleurs tous les deux invités (et donc tous les deux rencontrés) aux derniers Quais du Polar à Lyon.
Celles qui ne dorment pas renoue (enfin!) avec les mystères qui nimbent la vallée du Baztan, avec en prime une nouvelle collaboration entre deux enquêtrice de talent… qui en appellent d'autres? Je l'espère!

Pitch (4ème de couv):
"Fin février 2020, lors de fouilles dans le gouffre de Legarrea en Navarre, Nash Elizondo, psychologue médico-légale, et son équipe de chercheurs découvrent à cinquante mètres de profondeur une dépouille de brebis, une guirlande de minuscules fleurs desséchées et le corps d'une jeune fille: Andrea Dancur, portée disparue depuis trois ans. Parmi ses proches, chacun a quelque chose à cacher, et la silhouette menaçante du grand-père fait obstacle aux confidences.
Mêlant approche scientifique et sensibilité aux croyances et aux légendes locales, Nash entame une enquête discrète, soutenue par Amaia Salazar, désormais inspectrice de la Police forale de Navarre. Mais l'annonce du confinement ne va pas lui faciliter la tâche."


Commençons par une petite note à l'intention des futurs lecteurs: les polars espagnols vont à l'encontre des standards! Là où le page-turner avec cliffhangers à la fin de chaque chapitre est devenue la norme, Dolores Redondo vient donner à la narration un rythme plus lent, lourd et dense, les chapitres faisant parfois jusqu'à une cinquantaine de page. La lecture demande donc une certaine organisation pour disposer de suffisamment de temps devant soi! Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu.

Une fois l'adaptation au rythme de la narration faite, ce fut un vrai plaisir pour moi de revenir dans la vallée du Baztan. L'autrice nous replonge immédiatement dans l'atmosphère de ce lieu à grand renfort de brumes et bruines et en dégainant le repère le plus solide de sa fabuleuse trilogie à succès: la célèbre enquêtrice Amaia Salazar.
Ce n'est pourtant pas Amaia qui mise est au devant de la scène pour cette nouvelle enquête, mais Nash Elizondo, la psychologue des morts. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle a du pain sur la planche pour les faire parler: entre le cadavre d'une jeune fille disparue, une momie découverte au fond d'un gouffre, la mort de sa mère et la pandémie du Covid qui s'invite au milieu de tout ça, les voix d'outre-tombe envahissent les lieux et les esprits.
Heureusement, s'invite dans l'entourage de Nash une famille de croque-mort exclusivement féminine au sein de laquelle la sororité (et la nourriture?) va devenir une vraie bouée de sauvetage pour l'enquêtrice.

Un polar rondement mené, dans lequel les légendes locales se mêlent à l'(H)istoire et l'(h)istoire pour mieux créer toute un environnement propice au mystère qui possède un réel pouvoir d'attraction sur le lecteur. 
Et qui se clôture sur une proposition de collaboration entre Amaia et Nash. Ce qui annonce une nouvelle aventure à venir au cœur de ces Vallées (pas si) Tranquilles?

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