"La vie mensongère des adultes" d'Elena Ferrante (Editions Gallimard): Mi dispiace Elena!

Le club de lecture du boulot est l'occasion d'un troc de bouquins. Alors quand j'ai vu le nom d'Elena Ferrante sur une couverture, impossible de résister: j'avais tellement eu un coup de cœur pour la saga L'Amie Prodigieuse
Mais j'aurais mieux fait de m'abstenir: cette histoire fait pâle figure à côté…

Pitch (4ème de couv):
"Giovanna, fille unique d'un couple de professeurs, vit une enfance heureuse dans les hauteurs de Naples. L'année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu'inattendu, Giovanna va chercher à en savoir plus sur cette femme. En fouillant l'appartement, elle déniche de rares photos de jeunesse sur lesquelles son père se tient aux côtés d'une personne mystérieusement recouverte de feutre noir. Elle décide alors de rencontrer cette Zia Vittoria habitant les quartiers pauvres de Naples. Dans cette partie de la ville qui lui était inconnue, l'adolescente découvre un autre univers social, une façon d'être plus spontanée. Incitée par sa tante à ouvrir les yeux sur les mensonges et les hypocrisies qui régissent la vie de ses parents, elle voit bientôt tout le vernis du monde se craqueler. Entre grandes espérances et cuisantes désillusions, Giovanna cherche sa voie en explorant les deux visages de la ville, comme deux aspects de son identité qu'elle tente de concilier."


Roman qui vient explorer l'adolescence et le difficile passage à l'âge adulte, il avait tout pour me plaire sur le papier.
Déjà rien que par le nom de son illustre autrice… Enfin, illustre anonyme, puisqu'on en sait finalement si peu sur l'écrivaine cachée derrière le pseudonyme. Un mystère qui n'est pas loin de créer un mythe alors qu'elle est l'autrice de la saga italienne la plus lue au monde. Mais un nom et un précédent succès ne font pas tout…
Et la ville de Naples non plus! Même si c'est le véritable atout de ce roman: l'immersion dans la vie napolitaine des années 1990, la description du contraste entre les quartiers (entre le haut et le bas de la ville) et la silhouette noir du Vésuve avec sa promesse de destruction opposée au bleu de la Méditerranée promesse d'évasion. Elena Ferrante aime cette ville et en fait un personnage à part entière et cela est réussi.

Quant aux personnages humains principaux, ils semblaient prometteurs au début de la narration. Notamment le personnage de la tante Vittoria, tellement singulière dans son physique et son caractère. Mais ils finissent tous par se diluer au milieu d'une myriade d'autres personnages secondaires et au milieu de la mue de Giovanna. Qui tente de s'extirper d'un costume d'adolescente devenu trop compliqué à porter tout en rejetant le mode adulte de ses parents fait de mensonges et de faux-semblant. Giovanna est un mélange de Lenu et Lila, les deux héroïnes de l'amie prodigieuse mais sans leur charisme et jusqu'au boutisme des relations. 
Et on le sait bien, le mélange de chaleur de la passion et froideur de la bien-pensance ça ne donne finalement qu'un mélange tiédasse.

Une déception pour cette lecture qui souffre forcément de la comparaison d'avec l'œuvre majeure de l'autrice, qui a tout emporté sur son passage et notamment mon petit cœur. Cette Vie mensongère des adultes n'aura fait que l'érafler, à peine.

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