"Ruptures" de Bernard Minier (Editions XO): le polar à l'épreuve de l'obscure Tech
Troisième enquête de la nouvelle héroïne de Minier, Lucia, le thème de fond de ce thriller n'est pas sans rappeler un autre du même auteur: M, le bord de l'abîme, lecture qui ne m'avait pas laissé un très bon souvenir.
Pour les angoissés de tout ce qui touche à l'Intelligence Artificielle, cette histoire ne va pas vous rassurer, loin de là…
Homme ou Robot, qui aura le dernier mot?
"Lundi 28 avril 2025. L'Espagne est paralysée par la plus grande panne électrique de son histoire.
Directrice de la filiale espagnole de StarCo, Emma Bosch se précipite au chevet de son père, dont la vie dépend d'un respirateur artificiel. Elle n'arrivera jamais.
Aux Etats-Unis, les corps sans vie de plusieurs collaboratrices du célèbre milliardaire Milton Gail, le fantasque et génial fondateur de StarCo, sont retrouvés. Toutes étaient enceintes.
C'est le début de l'extraordinaire enquête que va mener Lucia Guerrero des deux côtés de l'Atlantique et dans les fabriques ultra-secrètes où s'inventent le présent et le futur de milliards d'individus.
Jusqu'à un face-à-face avec celui qui a fait main basse sur la Terre et sur l'espace."
Intelligence humaine contre intelligence artificielle?
Pot de terre contre pot de fer?
Lucia contre Elon Musk… Oups, Milton Gail?
Car oui, Minier ne s'en cache pas même s'il utilise un alias, c'est bien de la folie Musk dont il est question. Sa bibliographie en fin de roman n'en fait plus aucun mystère.
Au-delà du côté thriller où Lucia se lance dans la résolution de meurtres de femmes travaillant pour Gail, ce roman verse davantage du côté informatif et presque pédagogique autour du déploiement et de l'application de l'intelligence artificielle. Et il questionne sur toutes les dérives associées. Je ne peux pas en dire davantage pour ne pas spoiler… mais ça va loin!
Il est aussi question des relations d'interdépendance faites autant de haine que de pognon entre les politiciens (coucou Donald), les institutions (notamment le FBI) et la poignée de ceux qui sont à la tête des grandes sociétés de la Tech, devenus aujourd'hui les rois du monde.
Ruptures est en résumé davantage un bouquin qui fait passer des messages qu'un polar. Et ce déséquilibre est le petit bémol qui fait que ce ne sera pas mon pref' de la série. Même si heureusement Lucia est toujours autant mordante et tient la baraque pour le côté suspense et action!
Mais il n'empêche: l'acquisition du livre et surtout les conditions de sa dédicace garderont une place bien spéciale dans mon cœur: nous sommes une poignée de privilégiées présentes aux Quais du Polar à avoir eu une griffe de Monsieur Minier au ras des marches du Palais de la Bourse, sous les yeux et remarques facétieuses de ses confrères Bussi, Loevenbruck et Thilliez, entre autres! Et rien que pour ça, Ruptures restera gravée dans ma mémoire.
On refait la même l'année prochaine pour la sortie du prochain Servaz? 😉



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