"Répondre à la nuit" d'Agnès Ledig (Editions Le Livre de Poche): trop de colère dans le message pour ne retenir que le beau!

Drôle de coïncidence que cette lecture qui entre justement en résonnance avec les gigantesques incendies en cours en France. Et avec le renoncement de son autrice, Agnès Ledig à sa légion d'honneur, en colère devant l'absence de réponse de l'état à la crise écologique.
Un roman poétique, politique, militant que j'aurais préféré voir se cantonner à sa seule poésie…

Pitch (4ème de couv):
"Installée dans une ferme en lisière de forêt vosgienne, Agnès Ledig puise son inspiration auprès des animaux et des plantes qui l'entourent. 
C'est là qu'est née l'histoire de Témis, l'archère amoureuse des cerfs, de Rémy, bûcheron sensible et protecteur, de Maxence audionaturaliste discret et passionné, ou encore de Victoire, soigneuse aux doigts de fée.
En nous plongeant au cœur d'une nature sauvage, Répondre à la nuit nous pousse dans nos retranchements: jusqu'où doit-on aller pour défendre le vivant?"


Un roman avec la nature comme personnage principal. 
Une nature comme un refuge pour Témis, un nouveau départ pour Rémy, un combat pour Eloïse. En tout cas le moyen, pour un groupe de personnes sensibles à l'environnement, de vivre en harmonie avec leurs convictions profondes. Qui sont les convictions de l'autrice également, qui profite de cette histoire pour porter la voix de ceux qui aiment notre planète et alertent sur sa situation. 
Quitte à y aller avec de gros sabots de discours moralisateurs qui, et c'est mon avis personnel, sont contre-productifs dans son récit, alors que ses descriptions de l'environnement, faune et flore, sont certainement les plus belles ambassadrices pour sensibiliser à la cause écologique. Le personnage de Maxence est l'incarnation parfaite de la transmission d'un message efficace sans culpabilisation via l'observation et les sons des habitants de la forêt (les écoutes proposées via un QR code à la fin du bouquin sont un régal pour les oreilles!)
Mais, au milieu de ces naturalistes qui semblent vivre en communion, la sérénité va cependant voler en éclat lorsque le chasseur le plus toxique et arrogant du coin se fait tuer, son crâne transpercé par une flèche. Mais qui est le coupable?

Bon, du coup, ce Répondre à la nuit, on le classe où? Nature-writing? Certainement. Polar? Un peu. Critique politico-écologique? Trop. Sentimental? Aussi. Il semblerait en tout cas qu'Agnès Ledig refuse à entrer dans une case… et je peux la comprendre! 
Le problème est que le liant ne prend pas entre toutes ces palettes de genre, que le discours écolo qui se veut certainement pédagogique est surtout amené de façon peu subtile, déséquilibrant la narration et gâchant certains moments poétiques. Ce qui a fait naître en moi beaucoup de frustration durant cette lecture.

Autant j'avais été bouleversée par son Dans le murmure des feuilles qui dansent, autant ce Répondre à la nuit m'aura laissée un sentiment plus que mitigé. Peut-être parce que la colère qui transpire dans ses messages l'emporte trop sur le beau.

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